Bousillés

Mai 10, 2024Exposition

BOUSILLés - Fisde, Robrim, Touareg du bitume

BOUSILLés - Fisde, Robrim, Touareg du bitume

Photographie, céramique, peinture

Présentée au Souplex, l’exposition Bousillés a réuni le travail de trois tatoueurs Touareg du Bitume, Fisde et Robrim, autour d’une question centrale : que devient l’univers du tatouage lorsqu’il sort du corps ?

Organisée par Palindrome et le Souplex, l’exposition proposait d’explorer la pratique du tatouage au-delà de sa forme la plus connue, l’encre dans la peau, en présentant des œuvres réalisées sur différents supports : céramiques, peintures et photographies. Les trois artistes y développaient des démarches personnelles qui prolongent leur pratique du tatouage dans d’autres médiums artistiques.

Le titre de l’exposition fait référence au mot « bousille », un terme d’argot utilisé pour désigner un tatouage. Historiquement associé aux marins, aux prisonniers ou aux milieux marginaux, le tatouage est porteur d’histoires personnelles, de souvenirs et de signes d’appartenance. Dans ce contexte, être « bousillé » signifie à la fois être tatoué et porter les marques d’une expérience vécue.

Chaque artiste abordait cette thématique à sa manière. Les photographies de Robrim documentaient des tatouages portés par des personnes marginalisées, anciens détenus, personnes sans domicile ou figures rencontrées dans la rue, mettant en évidence des dessins souvent rudimentaires, vieillis ou réalisés de manière improvisée, mais chargés d’histoires et d’émotions.

Touareg du Bitume, quant à lui, transposait l’esthétique du tatouage sur des objets en céramique réalisés à la main. Les surfaces des pichets et des formes modelées devenaient alors un « corps » à recouvrir de motifs inspirés de l’iconographie traditionnelle du tatouage : têtes de mort, symboles commémoratifs ou compositions évoquant les tatouages de bagnards du début du XXᵉ siècle.

Enfin, Fisde présentait un triptyque de peintures inspiré d’un événement marquant : l’intervention policière lors d’une manifestation au Bois de la Cambre pendant la période du Covid-19. Comme dans le tatouage, la peinture devient ici un moyen d’immortaliser un moment et d’en conserver la trace.

À travers ces approches complémentaires, Bousillés cherchait à reconnecter le tatouage avec ses racines populaires et brutes, tout en montrant comment cet univers visuel peut se transformer lorsqu’il est déplacé vers d’autres supports artistiques. L’exposition proposait ainsi une réflexion sur les marques que les expériences de vie laissent sur les corps et dans les images.

 

PHOTOS DU VERNISSAGE

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